La diététique clinique

Le tabac en quelques mots…

Par Nicolas — 8 minutes de lecture
Tabac

Le tabac tue , rien de très nouveau là dedans, à la fois de manière active et passive, en direct et indirect donc. C’est un facteur aggravant de maladies dû à son interaction avec l’ensemble de l’organisme, de la tête aux pieds, de la bouche à l’anus en passant par tout le tube digestif, le foie, le pancréas, la vessie, les reins… les poumons et l’ensemble du système cardiovasculaire. Le tabac est un véritable poison universel qui favorise le stress oxydatif et l’inflammation chronique de l’organisme.

Quelques petits rappels botaniques sur la plante qu’est le tabac

Le tabac appartient à la famille des Solanacées, Genre Nicotiana avec plusieurs espèces dont la plus fréquente est tabacum. Cela est du à sa teneur importante en nicotine. Le tabac est une plante annuelle cultivée un peu partout avec une récolte en été entre juillet et Août. C’est dans les feuilles que la teneur en nicotine est maximale. Le tabac qui est tiré de la plante dépend de la variété utilisée (claire ou brune) et d’un certain nombre d’étape dont celle du type de séchage. Il existe le séchage à l’air chaud (pour le tabac de Virginie), le séchage à l’air naturel, au feu ou au soleil (pour les tabacs d’orient).

Les décès liés au tabac

Les chiffres en France du nombre de décès reliés au tabac se repartissent comme suit:

  • Plus de la moitié par des cancers (principalement celui du poumon, les cancers des voies aéro-digestives supérieures, et ensuite la vessie);
  • Ensuite, viennent les maladies cardio-vasculaires (Infarctus du Myocarde ou IDM, Accident Vacsulaires Cérébraux ou AVC…);
  • Puis les maladies liées à la sphère pulmonaire, dont la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive ou BPCO.

Pour information, d’après plusieurs sondages et suite aux nombreux entretiens avec les patients en clinique et libéral, les fumeurs pensent que fumer favorise l’apparition du cancer mais seulement la moitié de ces fumeurs associent le risque d’avoir un cancer à une consommation supérieure à la leur. Environ 3/4 des fumeurs déclarent avoir au moins essayer d’arrêter une fois. LA majorité des fumeurs déclarent souhaiter arrêter de fumer et sont conscients de la dangerosité de leur acte au quotidien. 😉

Les différentes utilisations du tabac

Le tabac s’est donc vu aux files des années décliner sous plusieurs utilisations, la principale, restante bien sur, la cigarette.

  • La principale, la cigarette est majoritairement constituée de tabac blond, elle produit une fumée acide (pH 5-6) qui sera inhalée pour atteindre les alvéoles pulmonaires. Cette inhalation favorise l’absorption de la nicotine, dont on estime qu’elle atteint le cerveau en moins de 7 secondes selon cette voie. On comprend donc que chaque bouffée de nicotine représente un shoot très rapide pour le cerveau.
  • Le tabac à rouler: les cigarettes roulées sont dites à tort moins nocives car elles contiennent moins de tabac  que les cigarettes normales (dues à une moindre compression). Alors certes elles contiennent moins de tabac, mais ce dernier n’est soumis à aucune règlementation stricte et peut contenir jusqu’à 4 fois plus de nicotine que celui utilisé pour les cigarettes. Donc au final, le tabac à rouler est aussi nocif sinon plus que le tabac à cigarettes. On considère les cigarettes roulées deux fois plus dangereuses que les cigarettes industrielles.
  • Le tabac à priser ou à chiquer représente 2 autres formes d’utilisation du  tabac. Dans ce type de consommation, la nicotine se trouve sous forme alcaline et diffuse rapidement à travers les muqueuses buccales et produit une élévation graduelle et prolongée de la nicotinémie.
  • Les cigares ou tabacs à pipe: essentiellement constitués de tabacs bruns. Ils produisent une fumée alcaline qui reste en bouche et qui sera absorbée par les muqueuses buccales. Il s’en suivra une augmentation progressive et prolongée de la nicotinémie.
  • Le narguilé ou shisha: très à la mode actuellement et provenant d’orient, ce mode de consommation associe une combustion lente du tabac humidifié associé à du charbon.Contrairement aux idées reçues, ce type de consommation n’est pas moins nocive, l’eau ne filtre pas la fumée. Le volume de fumée inhalée par ce mode de consommation est 50 fois supérieur à celui d’une cigarette, et représente donc une exposition beaucoup plus nocive que la cigarette.

A titre de comparaison entre fumée de narguilé ou de cigarette: les deux produisent autant de nicotine. Dans le narguilé l’eau refroidit la fumée avec comme conséquences des inhalations plus longues et profondes entrainant ainsi une plus grande consommation de métaux lourds. De plus, la combustion lente du tabac (+400°c vs +900°c pour la cigarette), provoque une combustion incomplète du tabac qui génère plus de monoxyde de carbone que dans une cigarette.

Les différentes substances du tabac et leurs effets

Fumer une cigarette est une gestuelle qui va libérer 2 flux de fumée bien distincts:

  • Le courant primaire, qui sera inhalé par la bouche et absorbé dans les muqueuses buccales ne concerne que le fumeur;
  • Le courant secondaire ou latéral, inhalé par le fumeur mais aussi par leur entourage  par les voies respiratoires. Cette fumée est beaucoup plus nocive car plus riche en goudron et en monoxyde de carbone que le courant primaire.

Le tabac est mauvais pour la santé, c’est une évidence dès que l’on sait tous les composants d’une cigarette. Ils sont plus de 7000 composants chimiques dont une très grande partie est capable d’interagir avec des réactions biochimiques de notre organisme et plus de 40 sont cancérigènes. On peut identifier 4 grands groupes: la nicotine, le monoxyde de carbone (CO), les goudrons et les irritants.

  • La nicotine: principale substance nocive du tabac. Il s’agit d’une amine tertiaire incolore et qui se volatilise à la chaleur. Cette nicotine sous forme gazeuse se lie aux particules de goudrons et inhalée par les voies alvéolaires. On estime à moins de 7 secondes le temps pour la nicotine d’atteindre le cerveau et y exercer ses propriétés psycho-actives.
  • Le monoxyde de carbone: il s’agit d’un gaz mortel incolore et inodore. Ce gaz est dangereux car il se fixe sur l’hémoglobine à la place de l’oxygène avec une affinité 200 fois supérieure à ce dernier.
  • Les goudrons: les particules de goudrons sont inhalées par les voies respiratoires supérieures et se déposent tout le long de ces dernières. Elles vont ainsi bloquées les cils de la trachée et les empêcher d’exercer leur rôle de filtre protecteur. Ces particules de goudrons vont également venir tapisser la paroi des alvéoles pulmonaires et ainsi limiter les échanges gazeux (inspiratoires mais aussi expiratoires).
  • Les irritants: un très grand nombre de composés contenus dans la cigarette sont des solvants et autres dérivés chimiques classés comme irritants et certains sont déjà bien identifiés et reconnu comme cancérigènes (benzopyrène, chlorure de vinyle…).

Le tabac, c’est plus de 7000 substances chimiques: nicotine, monoxyde de carbone, goudrons, formaldéhyde, arsenic, oxyde d’azote, ammoniac… agents de saveurs, conservation mais aussi texture… donc dites STOP! Votre vie en dépend! 😉

En conclusion

Le tabac est un facteur de risque majeur de maladies aigues et chroniques qui peut être modulé positivement par chaque être humain. Il existe de nombreuses méthodes et/ou voies permettant de VIVRE sereinement sans tabac, pour ne citer que les principales: activité physique chronique, alimentation équilibrée, sommeil en qualité et quantité, hydratation suffisante, méditation, relaxation… encadrée et aiguillée par des professionnels qualifiés (médecins, diététiciens nutritionnistes, psychologues, éducateurs en Activité Physique Adaptée (APA)… Aussi, et c’est ce qui constitue une urgence majeure d’arrêter de fumer, c’est qu’un certain nombre de molécules viennent régulièrement s’ajouter à la liste des composés dont il faudrait s’intéresser de plus près, notamment par leurs propriétés similaires à la nicotine et donc qui viendrait s’ajouter à la dose de nicotine. Ces composés pourraient donc eux aussi contribuer au phénomène de dépendance.

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Nicolas AUBINEAU, Diététicien Nutritionniste du sport et en clinique  

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